En 2020, la réforme des études de santé entrera en vigueur pour tous les aspirants médecins, dentistes, pharmaciens et maïeuticiens. La PACES disparaitra au profit d’un Portail Santé et de Licences à mineure santé. L’organisme Prépa Vésale vous aide à comprendre cette réforme.

Réforme PACES : que reproche-t-on à la Première Année Commune aux Études de Santé ?

Pour trouver le prologue de cette nouvelle réforme des études de médecine, il faut remonter au 18 septembre 2018.

 

La réforme des études de santé et le plan Ma Santé 2022

C’est à cette date qu’Emmanuel Macron a prononcé son discours sur la transformation du système de santé. Baptisé « Prendre soin de chacun« , il annonce le plan Ma Santé 2022, une stratégie visant à proposer « une vision d’ensemble et des réponses globales aux défis auxquels est confronté le système de santé français« . Repenser « la manière dont on forme les soignants et dont on pense leurs carrières » figure parmi les ambitions affichées.

 

Pourquoi le chef de l’État souhaite une nouvelle réforme de médecine

L’organisme Prépa Vésale a sélectionné les moments-clés de ce discours, motivant la nouvelle réforme PACES :

 

[…] Pour commencer, il faut pouvoir être sûr qu’on forme bien et suffisamment de médecins, pour cela, on ne peut pas se satisfaire du système actuel, il a une absurdité qui est un problème pour nous toutes et tous, parce qu’elle est lisible pour tous nos concitoyens.

 

Aujourd’hui, c’est un gâchis qui concerne chaque année 25 000 étudiants, 25 000 étudiants qui, du jour au lendemain, passent d’excellents lycéens à celui ou celle qui échoue pour la première, deuxième ou troisième fois à la première année, au même moment où nos concitoyens souffrent de difficultés d’accès aux soins […].

 

[…] Le numerus clausus sera donc supprimé pour cesser d’entretenir une rareté artificielle, et pour nous permettre de former plus de médecins avec un mode de sélection rénové […].

 

[…] Il y a dès aujourd’hui des étudiants qui souhaitent rejoindre des études de médecine ou des études médicales après quelques années passées dans d’autres filières universitaires, en sciences, en biologie, où ils ont acquis des compétences similaires et complémentaires, on exige aujourd’hui trop souvent qu’ils s’inscrivent en première année et repassent par les fourches caudines du bachotage et des concours, ce qui, là aussi, est absurde.

 

Dès la rentrée 2020, il n’y aura plus de concours à la fin de la première année, c’est-à-dire plus de PACES, cet acronyme, synonyme d’échec pour tant de jeunes. Demain, tous les étudiants inscrits en licence, quelle que soit leur spécialité, pourront rejoindre en deuxième, troisième ou quatrième année le cursus de médecine, et les ministres détailleront justement toutes les formations aux métiers de la santé qui seront ainsi rénovés, pour favoriser les passerelles entre les métiers, les enseignements communs […].

 

[…] À tous ceux qui pourraient voir dans cette réforme un renoncement à l’excellence tirée aujourd’hui du concours de fin de première année, je leur dis que ce parcours de formation restera sélectif, sera plus ouvert, plus vivant, attirera des profils plus variés et tout aussi excellents […].

Réforme du numerus clausus en médecine : la création d’un numerus apertus

Le président de la République en a formulé le souhait : la réforme devrait mettre un terme au numerus clausus, autrement dit au décret étatique fixant la limitation du nombre de places ouvertes en 2ème année dans les différentes filières de santé. Émis chaque année, le numerus clausus rend les études de santé particulièrement sélectives. Mais le tri restera bel et bien réel…

 

Qu’est-ce qu’un numerus apertus ?

Exit, donc, le numerus clausus… mais bienvenue au numerus apertus. Avec ce dernier, le nombre d’étudiants autorisés à accéder à la 2ème année de la filière médecine, pharmacie, maïeutique ou odontologie n’est plus fixé par l’Etat, mais par les universités. Ces facultés fixeront leur numerus apertus en fonction :

  • de leur capacité d’accueil
  • des besoins de la région

La réforme de la première année de médecine ne met donc pas fin à la grande sélectivité inhérente à la PACES.

De la PACES au Portail Santé

Dès la rentrée 2020, les étudiants souhaitant intégrer un cursus de santé MMOP (l’acronyme réunissant les filières Médecine, Maïeutique, Odontologie et Pharmacie) pourront s’inscrire via Parcoursup au Portail Santé, qui vient remplacer la PACES.

 

Des concours PACES remplacés (techniquement) par des examens

Ce Portail Santé se présente comme la PACES : il s’étale sur une année d’études, traite de matières liées à la santé, et exige une très importante quantité de travail personnel. Pour espérer atteindre la 2ème année de la filière de leur choix, les étudiants devront :

  • valider 60 crédits ECTS
  • obtenir des résultats supérieurs à un certain seuil

Si l’étudiant·e atteint ces deux objectifs, il ou elle pourra se soumettre à un examen – et non plus, techniquement, à un concours, comme l’a voulu le locataire de l’Élysée – organisé par l’université. Ses résultats décideront si, oui ou non, l’étudiant·e peut passer en 2ème année d’une filière MMOP.

 

PACES, redoublement, réforme : est-il possible de suivre deux fois le Portail Santé ?

Actuellement, il est possible de redoubler la PACES sous certaines conditions. Les étudiants classés, à l’issue du 2ème semestre, au-delà d’un rang fixé par l’université et compris entre 2,5 et 3 fois le nombre de places attribuées à l’établissement pour les 4 filières, peuvent être réorientés. Les étudiants ainsi réorientés sont autorisés à se réinscrire ultérieurement en PACES. Mais la réforme des études de santé met un terme à cette possibilité. Si l’étudiant·e ne valide pas sa première année en Portail Santé, il ou elle devra se réorienter ; aucun redoublement ne sera désormais possible.

Mineure santé : la création de nouvelles passerelles vers les études de santé

La filière MMOP sera accessible aux étudiants issus du Portail Santé, mais pas seulement ; c’est l’une des grandes nouveautés de la réforme PACES 2020.

 

Comprendre en quoi consiste la mineure santé

Les titulaires du baccalauréat inscrits dans une Licence pourront avoir la possibilité d’étudier, parallèlement à leur sujet d’études principal, des matières liées à la santé ; c’est ce que la réforme appelle la « mineure santé« . Des conditions strictes devront être remplies pour qu’un·e étudiant·e puisse quitter sa Licence pour rejoindre une filière MMOP. Cette mineure santé concerne une minorité de candidats, puisque :

  • 60 % des places proposées par les universités seraient affectées aux étudiants issus du Portail Santé
  • 40 % des places proposées par les universités seraient affectées aux étudiants issus de Licences autres

 

Un accès aux études de santé depuis toutes les Licences ?

Attention : dans son discours, Emmanuel Macron avançait que « tous les étudiants inscrits en licence, quelle que soit leur spécialité, pourront rejoindre en deuxième, troisième ou quatrième année le cursus de médecine« . Les avancées de la réforme ont montré que seules certaines Licences seraient concernées – la liste doit encore être définie, à l’heure où Prépa Vésale écrit ces lignes.

LES INTERNAUTES AYANT CONSULTÉ CET ARTICLE ONT ÉGALEMENT RECHERCHÉ

  • réforme fac de médecine
  • réforme 1ère année médecine
  • réforme PACES numerus clausus